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- 27/08/2026 à 13:34
De la foi inébranlable en un idéal humain

Par Mansour M’henni
Il est raisonnable et responsable de bien prendre en considération la multiplication des situations de crise connues par la Tunisie, avec les campagnes de mécontentement qu’elles engendrent, et de songer aux modes de gouvernance qui conviennent pour éviter les répercussions fâcheuses qui en découleraient en termes d’instabilité sociale, de blocage économique et de perte du lien solidaire qui doit présider à la vie commune, toutes catégories de population intégrées.
Les perturbations, jamais connues en temps de paix, de la gestion de la distribution de l’eau et de l’électricité, ainsi que d’autres produits alimentaires de première nécessité, ne peuvent être prises à la légère. Ce qui semble évident pour le commun des citoyens c’est qu’un bras de fer se joue, dangereusement, entre deux clans censés aller dans le même sens, en temps difficiles, pour servir la patrie et protéger ses acquis. Chacun cherche à s’imposer comme un pouvoir déterminant contre l’autre, peut-être pour impressionner l’opinion publique et se faire valoir comme la force dominante et dominatrice. Mais c’est vraiment un faux calcul qui risque de conduire vers la pire des issues.
Personne ne peut convaincre les Tunisiens que la crise de l’eau est hors de contrôle, d’un côté comme de l’autre, surtout que sa gestion pratique, au quotidien, se déroule sous le regard triste et impuissant du commun des citoyens avec un cynisme sadique à leur égard puisque ces pauvres bonnes gens peuvent manquer d’eau dans des situations très critiques, au point de mettre leur vie en danger. Il y a donc urgence à retrouver la conscience de sagesse et l’intelligence raisonnable pour redonner à la société le sens de la communauté du destin et du besoin d’une solidarité inaliénable au-delà de toute divergence de points de vue. Il y a urgence à voir dans nos différences une source de richesse pour notre vivre-ensemble et non un motif pour nos déchirements. Et pour ce faire, je le redis pour la enième fois, il n’y a pas mieux que l’esprit de conversation et ses implications structurelles, dans le cadre de la légalité civile et de l’éthique humaniste.
Or la dernière crise de l’électricité et de l’eau surtout est à comprendre comme une sonnette d’alarme nous prévenant d’un détraquage des règles et du système du bon fonctionnement sociétal. Et la responsabilité n’incombe pas à certains plutôt qu’à d’autres ; elle relève de notre devoir à tous : un devoir citoyen à placer au dessus de toute idéologie et de toute folie du pouvoir, et un devoir d’équilibre entre la justice et la liberté. D’aucuns se moqueraient de l’idéalisme simpliste dont sonnerait notre développement et plaideraient pour la prétendue « raison réaliste » qui devrait conduire le destin des hommes au-delà du sentimentalisme bon enfant ou de l’incorruptible foi en la bonté des êtres humains. Force de répondre à cette vision des choses que l’idéalisme, aussi inaccessible qu’il puisse être, est bon à actualiser pour éviter les dérapages et pour ne pas perdre foi dans les nobles valeurs de l’humanité quelle que soit la fréquence des infractions à leurs principes de base et au juste pari sur un idéal humain. Et l’idéal humain, c’est ici et maintenant qu’il nous le faut.
Ceux qui riraient de notre naïveté nous donnent la preuve qu’il est de notre devoir de continuer à susciter la conversation constructive autour de cet idéal humain…




