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  • 27/03/2026 à 12:27

De la qualité et de la responsabilité de l’éducation

De la qualité et de la responsabilité de l’éducation

Par Mansour M’henni

J’ai été particulièrement intéressé par le commentaire du Pr. Lotfi Belkacem, Président de l’Université de Sousse, en marge de sa participation au Congrès International du Printemps à Tabarka du 24 au 27 mars 2026, organisé par l’Association Tunisienne de Qualité en Education (ATUQUED). Il a souligné l’engagement de son université dans la dynamique de collaboration et de partenariat associatifs, ce qui constitue une démarche louable qui tend à se généraliser. Reste à savoir jusqu’à quel point nos universités s’investissent, sincèrement, dans cette démarche et en tiennent compte dans leur politique spécifique ou transversale de l’exercice de leur mission éducative en vue des objectifs sociétaux auxquels aspirent nos concitoyens et nos institutions.

De par mon engagement associatif, intense et élargi, j’avoue personnellement avoir fait, pour des raisons de proximité multidimensionnelle, l’expérience de l’engagement efficace et régulier de deux universités au moins, en l’occurrence l’Université Tunis El Manar (UTM) et l’Université de Sousse (USo), et l’expérience d’une collaboration épisodique avec l’Université de Monastir et l’Université de Kairouan. J’ai donc eu à comprendre les raisons du classement inaltérable de l’UTM, au sommet de la hiérarchie nationale et régionale, et les raisons du progrès continue de l’USo vers ce sommet. J’espère que toutes les universités tunisiennes continueront d’œuvrer pour cette excellence requise qui justifie la brillance des compétences internationales à l’étranger.

Mais dans les propos de M. le président de l’USo, une idée me semble devoir nous pousser à la repenser profondément, celle que le rapport entre l’enseignant et l’étudiant gagnerait à être révisé dans la perspective d’une horizontalité de la communication en éducation, autrement dit, celle de faire de cette opération un atelier de pédagogie conversationnelle. M. Belkacem a intégré dans son développement l’exploitation des données numériques et implicitement l’apport de l’intelligence artificielle. Cela est vrai, avec les précautions à prendre pour ne pas diluer les valeurs humaines dans les réussites et les attraits technologiques, mais cela n’est pas seulement administratif.

En effet, comme il m’a été donné de le souligner précédemment dans cette même série de chroniques, il importe d’évaluer la vraie disponibilité, psychologique, sociale, professionnelle et éthique même parfois, de nos enseignants, tous secteurs confondus, à s’inscrire honnêtement et sincèrement dans la logique d’une vraie pédagogie conversationnelle. Celle-ci se fonde d’abord sur une qualité fondamentale de l’enseignant, l’humilité, celle-là qui lui donne la conviction qu’il peut apprendre des autres autant sinon plus qu’il ne pourrait leur en donner. Cette conviction est donc celle d’une interrogation de soi, continue et assumée, explicitée au besoin en face des étudiants pour en discuter. Or les comportements de nos enseignants semblent verser davantage dans le culte de la personnalité, dans la fierté d’un pouvoir institutionnellement et socialement acquis, même si ce pouvoir commence à montrer les signes de son effritement pour plusieurs facteurs, dont une part de responsabilité des enseignants eux-mêmes.

A mon sens tout le reste découle de cette première conviction. Je le dis tout en revendiquant mon statut d’acteur éducatif direct pendant près d’un demi-siècle, prolongé déjà d’une décennie d’un statut indirect. Je le dis donc pour me reconnaître dans tout ce que je peux critiquer chez mes semblables, mais j’y ajoute l’éternel souci de me réviser, même dans les pires et les plus décevantes des aventures relationnelles professionnelles ou sociales. Toujours lutter pour mieux être soi comme il se doit, et par conséquent pour mieux faire au profit des autres d’abord et de soi en conséquence.

A l’occasion, je fais mention d’un laboratoire de recherche très actif et fort significatif dans cette perspective, le LR « Ecole et littératures » savamment coordonné par le Pr. Nizar Ben Saad. Nous avons institué avec lui (NOUS c’est collectif associatif, CURA), avec le parrainage de l’Université de Sousse, un colloque annuel en avril, son édition de 2026 est déjà en place, mais celle d’avril 2027 est déjà en préparation et son thème déjà retenu porte sur ce qui vient d’être dit dans cette chronique.

Que la conversation continue encore et toujours !

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