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  • 04/02/2026 à 08:12

Éduquer et gérer nos rapports réciproques pour gérer les conditions de notre collectivité.

Éduquer et gérer nos rapports réciproques pour gérer les conditions de notre collectivité.

Par Mansour M’henni

Voilà un peu plus d’une semaine que l’UNESCO fêtait et invitait à fêter la Journée internationale de l’éducation, comme le 24 janvier de chaque année, une tradition qui date de l’année 2018. Pour cette organisation internationale, l’éducation est le pilier central de toute vision dynamique et constructive d’une société.

Cette date n’est cependant pas la seule, pour l’Unesco ; on peut citer, à titre d’exemple, la Journée mondiale des enseignants, le 5 octobre, la Journée internationale des femmes et des filles de science, le 11 février. D’autres organisations ou pays ont des célébrations du genre ; on en citerait, pour la Tunisie, la Journée du Savoir qui est officiellement inscrite à la date du 16 août, même s’il arrive de la célébrer à une autre date articulée à la fin de l’année scolaire et universitaire.

C’est l’occasion pour nous, entre le 24 janvier et le 11 février de saluer l’initiative des fondateurs de la Tunisie moderne et indépendante, d’avoir donné la priorité absolue à l’enseignement public démocratique et gratuit. C’est un pari civilisationnel dont le mérite revient au premier président de la République Tunisienne, Habib Bourguiba, et ses collaborateurs, tous ou presque convaincus de ce choix politique exceptionnel, profondément humain et hautement intelligent.

Il nous importe de rappeler cette donnée majeure en ces jours où certains concitoyens sont mobilisés, Dieu seul sait par quelle commande, en tout cas loin d’être gouvernementale, pour dénigrer Bourguiba en essayant de ternir sa mémoire d’une façon contraire à toute éthique et à toute morale, ni civiles ni religieuses. En effet, le ton et les références de ces campagnes s’inscrivent nettement dans ce qu’on a précédemment expérimenté en termes de « militantisme » pour l’islamité classique, vite récupérée par l’islamisme fanatique.

Rappelons encore, à ce propos, que la Tunisie est bel et bien un pays musulman et sa constitution le prouve ; mais qu’elle choisisse de gérer sa socialité en référence aux valeurs civiles, pour s’inscrire dans la logique du progrès, de la modernité, de l’indépendance et du respect de l’altérité, cela ne peut que lui faire honneur et accroître son prestige.

C’est ce qui justifie son pari sur l’éducation qui est censée servir la paix, le développement, le progrès, la justice et le droit. Encore faut-il rappeler deux détails importants en étroite relation avec ce choix politique fondateur. D’abord ce fameux Code du Statut Personnel qui, le 13 août 1956, une année ou presque avant la proclamation de la République (25 juillet 1957), ouvrait bien grande la voie vers l’émancipation des femmes. Ce jour-là, la femme tunisienne est devenue citoyenne ; elle n’avait peut-être pas encore tous ses droits citoyens ; mais elle avait les conditions de leur acquisition. Ensuite, le second détail, c’est l’étroite collaboration, dans cette étape fondatrice, entre le pouvoir politique et la centrale syndicale. Plus tard, des divergences et parfois des violences ont mis de la tension dans la relation des deux partenaires, une tension qui, mal gérée, ne peut entraîner que des conséquences fâcheuses pour le pays et ses citoyens.

Voilà un rappel qui nous invite à tirer les leçons du passé et à repenser notre responsabilité partagée dans la logique du développement de notre société. Savoir gérer nos rapports réciproques est la condition de la bonne gestion des conditions objectives de notre collectivité. Cela est vrai dans une classe ; cela est vrai aussi dans une société.

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