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  • 29/10/2026 à 13:32

Impressions modestes en marge de la Foire du livre à Belgrade

Impressions modestes en marge de la Foire du livre à Belgrade
Par Mansour M’henni
C’est toujours important, pour un pays comme le nôtre, de se faire programmer comme un invité d’honneur dans une manifestation internationale. Tel est le cas, pour cette dernière semaine d’octobre 2026 où la Tunisie participe en tant que pays invité d’honneur de la 69ème Foire internationale du livre à Belgrade, en Serbie (23-31 octobre 2026).

Dans de telles circonstances, il est de coutume de voir les opinions diverger, parfois même d’une extrême à l’autre. Mais les intentions sincères et les engagements non calculés font, de leur mobilisation pour l’intérêt commun, la concrétisation du célèbre quatrain poétique d’Alfred de Vigny, dans La Mort du loup : « Gémir, pleurer, prier est également lâche. / Fais énergiquement ta longue et lourde tâche / Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler, / Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

C’est ainsi que, malgré certaines pressions et leurs conséquences sur la préparation de la mission, force est d’avouer que notre délégation n’a pas démérité et nos hommes de culture et de pensée ont laissé une impression très favorable, comme c’est souvent le cas quand on s’applique à ce genre de mission avec le sérieux requis, l’engagement nécessaire et l’humilité recommandée par l’honnêteté intellectuelle.

C’est ainsi aussi qu’au-delà de tout ce qui arrive comme un cheveu sur la soupe, notre Ministère des Affaires Culturelles et notre Ambassade à Belgrade ont su relever le défi et, avec les moyens disponibles, fort modestes certes, se sont acquittés de leur tâche et ont honoré la culture et la diplomatie tunisiennes.

Ce qui m’a frappé, personnellement, dans cette heureuse circonstance, c’est la prédisposition des Tunisiens et des Serbes à creuser davantage les termes et les produits de leur coopération, culturelle d’abord mais ouverte à tous les autres secteurs. L’ouverture de la programmation à certains croisements historiques entre les deux pays ont permis aux conférenciers et au public de creuser les interrogations de ces données pour en imaginer, et pourquoi pas édifier, une mémoire d’avenir.

Aussi loin que paraisse la Serbie de la Tunisie, et inversement, avec ou sans escales, un cadre de pensée et de créativité est à initier pour l’enrichissement de la culture des deux pays amis et pour la consolidation de leur intégration constructive dans une vision futuriste d’un monde de paix et de solidarité plutôt qu’un monde de guerres et de haine.

La question des langues peut se poser d’abord comme un obstacle, mais les détours intelligents sont à même de transformer cet obstacle en un adjuvant à la quête d’un savoir ouvert et curieux de la nouveauté. De ce point de vue, la traduction joue un rôle majeur qui dépasse les stratégies des lobbies et qui ne génèrent que jalousie et combines de freinage de la construction positive.

Elle doit d’abord être gérée sur la base d’une vision profondément pensée et collectivement construite par des connaisseurs et des expérimentés en matière de traduction. On ne saurait donc en charger des gens qui n’ont rien à voir avec elle et qui n’ont jamais rien traduit de bon.

Il conviendrait aussi de savoir spécifier les objectifs appropriés à chaque établissement concerné et de contrôler tous les engagement pris – contractuellement pris à un haut niveau institutionnel, contrats signés à l’appui – pour être au rendez-vous de ces engagements, et avec la qualité requise.
Faisons donc ce qu’il faut pour « nettoyer » la gestion de notre pays, comme on le dit si bien, et la rentabiliser en valeur citoyenne et éthique.
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