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  • 19/09/2026 à 09:22

La mémoire d’avenir, toujours en souvenir

La mémoire d’avenir, toujours en souvenir

Par Mansour M’henni

J’ai été attentif à des commentaires de plusieurs concitoyens, qui font effet, me semble-t-il, de chroniques intéressantes et intelligentes de par l’intérêt qu’ils invitent à porter, aussi objectivement que possible et le plus sereinement aussi, à des moments ou des périodes ou des personnalités de notre Histoire, surtout notre histoire contemporaine afin d’en analyser les tenants et les aboutissants et d’en raisonner les effets et les causes.

Ces commentaires coïncident souvent avec des dates devenues des repères, surtout liées à des personnages ayant une valeur symbolique dans notre histoire, que cette valeur soit teintée des couleurs du bien-faire ou des ombres du méfait. Pour rester dans les personnages portant besoin d’interrogation en rapport aux questions brûlantes d’aujourd’hui et des polémiques parfois violentes, on penserait à des disparus, surtout à Bourguiba avec son 3 août et son 6 avril ; à Ben Ali avec son 3 septembre et son 19 septembre ; d’aucuns élargissent déjà le champ à Ben Salah et à Caïd Essebsi ; mais aussi à Salah Ben Youssef, à Lazhar Chraïti, etc.

La première remarque à relever me semble être la distinction nécessaire entre deux types de commentaires. D’un côté il y a les commentaires d’intelligence interrogative pour dégager les dessous et les portées des agissements de ces responsables disparus et pour leur rendre justice devant le tribunal de l’Histoire et souligner ce qui dans le bilan de ces personnalités est à mettre à leur avantage et ce qui est à mettre dans le lot de leurs inconvénients. D’un autre côté, il y a les commentaires d’intelligence manipulatrice qui cherche plus à souligner un aspect au détriment de l’autre, quitte à s’enticher inconsidérément ou à bon escient, de la rhétorique du dénigrement, poussée jusqu’à l’insulte et la diffamation.

Oublions-nous à ce point les piliers de base de toute édification sociétale digne du statut supérieur dont bénéficie le genre humain dans l’ensemble des êtres et des choses de l’Univers ? Oublions-nous si vite que le principal pilier de ces fondements est le respect, le respect de tout et de tous, même ceux qui ne nous paraissent pas, à première vue, dignes de respect. C’est cette humilité dans l’évaluation des autres qui fait notre plus haute valeur, pour peu que nous la méritions, car elle nous donne la modestie de nous supposer faillibles, jusqu’à preuve du contraire. Nous sommes en société, quels qu’en soient la nature, la dimension et le poids, parce que chacun est toujours plus ou moins en-deçà de la Vérité. C’est notre conversation sereine et notre échange constructif qui nous rapprochent le plus de la vérité, celle-ci restant toujours provisoire car un nouveau peut survenir pour changer la donne. Cela se vérifie même dans le champ des sciences exactes ; cela est aussi le sens profond de toute justice qui se voudrait comme telle.

Des occasions de converser de ces questions gagneraient à se multiplier pour que nous puissions ensemble voir clair dans les choses de la vie. A ce propos et à l’occasion, j’aimerais saluer l’initiative (parmi tant d’autres) de certains chercheurs et acteurs culturels qui organisent, à Sousse avec le parrainage de l’Université de Sousse, pour la quatrième année consécutive, un colloque au titre fort porteur : « Habib Bourguiba, mémoire d’avenir » et qui en publient les Actes régulièrement. C’est pour le 9 octobre 2026. Soyons-y, en présentiel ou par la pensée, il y a du bien à en tirer car ce n’est pas seulement de la personne de Bourguiba qu’il s’agit, mais de la Tunisie moderne, avec son passé, son présent et son avenir, Bourguiba y prenant alors le symbole et l’effet d’un amer d’Histoire dont la lumière peut éclairer notre marche collective vers le progrès et le bien-être ensemble.

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