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  • 28/05/2026 à 13:53

Le Destin d’un pays entre sa gouvernance et sa socialité

Le Destin d’un pays entre sa gouvernance et sa socialité
Par Mansour M’henni
Voilà longtemps déjà, à la mesure de notre conscience du temps, que nous sommes, à différents niveaux, branchés particulièrement sur les changements de notre gouvernement et sur la remise en question de certains de leurs membres, passés ou présents, jusqu’à même la diffamation inégalement perçue, comme si chaque citoyen voulait se transformer en un tribunal suprême des personnes impliquées dans la gouvernance. 

Il faut dire que cela est logiquement permis dans l’esprit d’une certaine vision, considérée comme utopiste, de la démocratie : « Gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Reste que la règle pratique et sa démocratie représentative imposent des considérations et des réglementations restrictives à la gestion sociétale souvent présentée comme une gestion démocratique, à sa manière.

Dès lors, l’interaction entre le citoyen et les organes de gouvernance est tellement variée et différenciée qu’elle devient source de discorde plutôt que de cohésion sociale. On le voit de façon soulignée chez nous, ces derniers temps : tout un mécanisme propagandiste occupe les réseaux sociaux pour annoncer un imminent remaniement gouvernemental, jugé comme salutaire.

Disons-le d’emblée, il en sera comme souvent signifié par le célèbre proverbe : « La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». Quelle que soit la composition du prochain gouvernement, il aura des fans qui le vanteront et des opposants qui le dénigreront au début et à la fin du mandat.

Il y en aura d’autres qui mettront la responsabilité au compte du Président de la République qui détient tous les pouvoirs de décision depuis que le pays a été jugé en danger imminent. Mais lui aussi peut se justifier de la carence des compétences honnêtes, ce qui ne convainc pas tout le monde, mais qui est appuyé par tous les partisans du Président.

À la fin comment s’en sortir ? Certes, l’équation paraît difficile à résoudre : ne voit-on pas que toutes les idéologies butent sur le mur de leurs inadaptations absolues aux tempérament humain qui, lui-même, est si divers qu’il paraît impossible de retrouver une concordance totale.

C’est pourquoi les philosophies les plus foncièrement démocratiques dans l’essence de leur pensée (C’est toujours Socrate qui me vient à l’esprit) ne se suffisent généralement pas à la loi de la majorité, généralement puissante de sa nature (majoritaire) fût-elle vraiment limite, celle à 51%, ni à celle conduite et tirée par le bout du nez, celle de la manipulation politique.

Pourtant, sur le plan pratique, il ne semble pas y avoir un autre choix de réglementation, à condition de le dote d’un cercle de protection éthique et culturel. Je pense à ce que j’ai souvent réclamé, dans le prolongement et l’actualisation de Socrate, en l’occurrence « l’esprit de conversation », pour « la société de conversation ».

Une mobilisation nécessaire devrait se mettre en marche pour la mise en valeur et l’intériorisation de ces deux valeurs, ces deux conditions d’une marche justement orientée vers l’idéal démocratique, même si elle sait qu’elle ne peut pas l’atteindre totalement et qu’elle ne peut que s’en rapprocher le plus possible. Allons-y dans ce sens et le temps fera le reste.
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