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  • 15/05/2026 à 10:42

L’émigration irrégulière et la noble humanité de l’Homme

L’émigration irrégulière et la noble humanité de l’Homme

Par Mansour M’henni

Je suis vraiment triste de lire de nombreux commentaires de protestation contre la migration non réglementaire venue de l’Afrique sub-saharienne. Non que je sois contre ces manifestations préventives, mais je ne saurais admettre le langage utilisé par les auteurs de ces commentaires, un langage roturier, raciste et irrespectueux des valeurs humaines. Le plus déplorable, c’est que ce langage est attribué à une prétendue « coordination », supposée elle-même relever de la loi tunisienne sur la création des associations civiles.

Je ne veux pas entrer dans l’implication des uns ou d’autres dans la logique du complot et dans la manipulation politique aux effets divers. Je veux souligner l’aberration indigne d’un pays comme la Tunisie, consistant à faire valoir les discours de haine et le langage de la violence. En plus, ils veulent impliquer l’Etat dans cette logique, alors que l’Unesco fêtera bientôt la Journée internationale de la lutte contre les discours de haine (le 18 juin), décidée et commémorée en réponse au constat que « les discours de haine progressent à travers le monde, relayés plus rapidement et plus loin que jamais par les réseaux sociaux ».

Heureusement, l’Etat tunisien a mis les points sur les i quant à cette question et on ne peut que respecter la mise au point présidentielle exprimée en réunion avec les intervenants concernés, notamment le ministère de l’Intérieur. On peut être d’accord ou non sur la démarche préconisée pour la Tunisie, conformément à ses orientations politiques actuelles, mais on ne peut que respecter son souci, explicitement souligné par le Président de la République, de s’inscrire dans la logique des droits humains et de la solidarité humaine dans l’esprit éthique des règles de la diplomatie internationale, et cependant, de ne pas céder sur ce qui relève de l’autonomie de décision nationale et de l’objectif de sauvegarde des intérêts et de la sécurité des citoyens tunisiens.

Il y a certes des moyens pour gérer la situation aux plans national et international sans bafouer la dignité humaine, sans perdre le sentiment d’humanité, sans céder sur les droits spécifiques et sans contrer les justes droits internationaux. En effet, il n’est pas difficile de distinguer le bon grain de l’ivraie : d’un côté l’action civile foncièrement humaniste et de l’autre, celle déguisée en tant que telle pour servir des intérêts suspects.

Comment procéder, alors ?

D’abord interdire, et sanctionner en cas de récidive, tout appel à la haine, à la ségrégation et à la violence, ainsi que toute atteinte à la dignité des gens quels que soient leur statut, leur nature, leur catégorie, etc. Les statuts de cet ordre que nous lisons régulièrement dans les réseaux sociaux, nous rabaissent tous, autant que nous sommes, car il y a un langage de rationalité et une logique conversationnelle qui sont à mettre à l’œuvre pour trouver des solutions honnêtes, sans nuire à la noble humanité de l’homme qui en fait, dit-on, ce que la création a donné de supérieur.

Un esprit sain et un cœur sain ! L’intelligence et le sentiment, formés à la bonne école de la morale qui convient à une créature d’un tel statut. Voilà le fin mot de la question !

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